Radio Hypozeuxe

Radio Hypozeuxe
Le Présentateur: Bonjour.
Bienvenue à une nouvelle édition d'Anacrouse, notre émission musicale. Aujourd'hui je reçois Gilbert-Anatole van den Fruppen, Italien, compositeur célèbre, notamment grâce à ses oeuvres L'exponentiel et au-delà, ou encore x!... + n-1 subitement ancré, qui ont connu un succès foudroyant, surtout dans la Creuse, à Blainville-les-Bois.
GAF: Buongiorno.
LP: Je reçois aussi monsieur Joseph Steinenbergovitch, antisémite et pro-nazi, compositeur lui aussi, auteur de Gloire au renouveau du peuple Arien ou encore de Hauptsach' Gudd Gess pour choeur d'hommes ivres.
HOP: Hail!
LP: Alors tout d'abord monsieur Steinenbergovitch...
GAF: Alors là non! Non! Je m'insurge! Non seulement cet homme est raciste mais en plus vous l'appelez monsieur!
HOP: Je ne suis pas raciste, je pense simplement que les juifs sont une race inférieure. D'ailleurs j'en trouve moi-même des exemples dans la vie quotidienne. Tenez, l'autre jour par exemple, alors que je rendais visite à ma cousine arienne Maria Rosenblatt, eh bien figurez vous que dans son propre immeuble, deux étages sous son appartement vivait une famille entière de juifs!
LP: A vrai dire je ne vois pas le rapport.
HOP: Eh bien, si, les juifs sont inférieurs. Ils sont mesquins. D'ailleurs certains mesurent même moins d'un mètre soixante-dix!
GAF: Je refuse de débattre avec vous! Je suis moi-maîme membre du groupe SOS racisme, je combats le fascisme sous toutes ses formes; je vote pour Ségolène Royal et j'ai même cessé de manger des pommes après la campagne présidentielle de 1995. Lorsque je croise un blanc dans la rue, je le regarde avec méfiance! En effet, s'il est blanc, il s'agit potentiellement d'un oppresseur fasciste, un intégriste d'une idéologie bornée et destructrice! Un noir président!
LP: Je crois que l'on s'éloigne légèrement du sujet. Je vous propose d'écouter un extrait musical de...
HOP: Oui, écoutons, après tout, nous sommes là pour ça.
LP: Voici donc un extrait de Tristan et Isolde, de Richard Wagner.
HOP: Aaah, Wagner, quel grand artiste!
GAF: Aaah, Wagner, quel grand artiste!
HOP: Le déchirement de ces harmonies remueraient même un sourd jusqu'au plus profond de ses entrailles!
GAF: Ces lignes dépassent l'imaginable dans leur perfection et dans la délicate douleur qu'elles procurent à l'auditeur!
LP: Euh?... Bien. La question que je poserais, néanmoins, est la suivante: on sait la problématique énorme qu'à provoqué l'accord dit "accord de Tristan", après la parution de cet opéra. Pensez-vous qu'il s'agit effectivement d'une révolution harmonique, dans la mesure où l'ambiguité ressentie était, jusqu'alors, inédite, ou bien seriez-vous plutôt partisans d'une théorie strictement contrapunctique, où l'harmonie passe au second plan, esclave de ces lignes maîtresses de toute la direction musicale, simple artefact d'une maîtrise de la polyphonie dépassant d'audace et de génie d'un seule coup tout ce que le XIXe siècle nous avait donné d'oeuvres et de technique?
GAF et HOP: La paix, cette question n'a plus de sens ici. Seule compte l'écoute, enfin.

# Posté le mercredi 05 décembre 2007 06:24

Modifié le jeudi 06 décembre 2007 05:16

Chostakovitch

Chostakovich.

Mon langage évolue. Ainsi, il y a peu encore, j'étais un fervent défenseur de la tonalité, un romantique récalcitrant, voire un réactionnaire borné ne comprenant pas en quoi la chute du système tonal constituait une évolution.
J'ai dû jouer, lors d'un concours en septembre 2006, la première sonate de Chostakovitch. Le morceau est d'une difficulté technique considérable, ce qui, en fait, n'est rien comparé au travail qu'implique sa mémorisation. Ceci provient de son langage.
Dans la musique tonale, il est possible de simplifier mentalement des pages entières de musique, de les réduire à une harmonie et à quelques lignes majeures. Dans la musique atonale, l'harmonie n'est pas vraiment simplifiable, et il en résulte que chaque ligne devient majeure (du point de vue de la mémoire, pas musicalement, évidemment.)
J'ai, au cours des derniers mois, entretenu un contact de plus en plus étroit avec Samy Moussa, un jeune compositeur canadien, qui m'a en partie ouvert les yeux sur le monde complexe de la musique du XXe siècle.
Après un concours raté en Italie, j'ai décidé de retravailler la sonate de Chostakovitch... Qui est devenue mon fer de lance.
Voici le 1er mouvement, mal filmé, et, à vrai dire, pas très bien joué (je l'ai beaucoup travaillé entre temps). Cela donne une idée... Je sais, cela va en rebuter certains au départ. Mais faites moi confiance: réécoutez. Essayez de comprendre. Cette violence n'est pas gratuite. Elle est le témoin d'un temps à la fois révolu et plus présent que jamais. Ecoutez ces hurlements de machines, ces accords broyés sous les poings d'acier de l'artiste, cette fébrilité, cette folie déchaînée et inarrêtable qui crisse, geint et résonne de longues minutes durant, ces voix hallucinées qui se déchirent et se choquent constamment...

L'émotion est là: elle n'est pas évidente, elle n'est pas claire, mais son implicite ne fait que l'amplifier une fois qu'on la saisit.
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# Posté le mercredi 05 décembre 2007 05:30

Modifié le mercredi 05 décembre 2007 05:45

HAUILLAIT, BRAVE JEAN!

HAUILLAIT, BRAVE JEAN!
Voici un article que j'ai écrit au Républicain Lorrain. Réjouissez-vous, fans de moi, voici un nouvel article!

Hauillait, brave Jean!


J'avais déjà remarqué, surtout dans les articles concernant la Moselle-est, c'est-à-dire Forbach et ses environs, un certain laxisme orthographique de la part des journalistes du Républicain Lorrain. Mais je serrais les dents, chaque fois que je tombais sur un "é" au lieu d'un "er" (ce qui n'est déjà pas normal de la part d'amateurs, mais carrément inacceptable pour des professionnels!), chaque fois qu'un germanisme hideux percutait ma rétine pour me hanter pendant des jours et des nuits. Non, je ne disais rien, jamais. Etait-ce une erreur de ma part? Sans doute! Car dans une France où les gens frôlent parfois l'illettrisme le plus total, où l'orthographe devient une notion vague, dérisoire, approximative, d'un autre temps, même, hélas, comment des gens qui savent, des gens supposés maîtriser pleinement l'art capricieux et précis de l'écriture n'en font pas usage; pire, pourquoi participent-ils à cette destruction de leur propre univers?
Doit-on y lire une volonté décadente de se retrouver, nivelés par le bas, borgnes au royaume des aveugles, n'écrivant qu'à peu près ce que les gens ne savent plus écrire du tout? J'espère que ceci relève seulement d'une idée de l'esprit, que ce n'est qu'hypothèse insignifiante et inconcevable. Mais je pense qu'il est temps d'en venir au fait.
Voyez mon titre. Apparemment, il n'a aucun sens. Mais pourtant, vous y reconnaîtrez, en le lisant à voix haute: "Oyez, braves gens!". Eh bien non, ça ne marche pas comme ça, voyez vous; des mots à la même sonorités mais à l'orthographe différente ont aussi un sens différent. On pourra résumer que la lettre même, la lettre comme signe de base et non comme texte entier, crée par sa présence seule un fossé sémantique. Ce que j'explique ici, c'est que "volet" n'est pas la même chose que "voler", pas plus que "oyé" n'est la même chose que "oyez". "Oyé" serait éventuellement une forme de participe passé d'un verbe "Oyer"... Mais il se trouve malheureusement que ce verbe n'existe pas! "Oyez" est la forme à l'impératif, seconde personne du pluriel, du verbe "ouïr". C'est une sorte de synonyme d'"écoutez". Ceci étant dit, relisez le Républicain Lorrain d'aujourd'hui, le 21 août 2005, page 3, en bas à gauche. La personne qui a écrit cet article a bien fait de ne pas signer. Dites-lui de se couvrir la tête de cendres et de faire trois tours du pâté de maison, pieds nus.
Dans la même lignée, dans cet article, on trouve: "des tentes médiévales de couleur vive" (Il serait étonnant qu'il n'y ait qu'une seule couleur), "les musiciens jouent des instruments" (non, ils jouent d'instruments: c'est un germanisme: on ne dit pas "jouer le piano" mais bien "jouer du piano"), "cuisine médiévale du 18e siècle" (comment? L'époque médiévale va de 476 à 1492: pas de XVIIIe siècle là dedans. Ah oui, et on écrit bien XVIIIe, pas 18e.) "ce campement, est ouvert au public vers 12h, pouvant voir à l'oeuvre les animateurs" (Vous n'aimez pas cette phrase, je crois. Pourquoi cette virgule? A qui s'adresse le participe présent "pouvant?": en définitive: mais qu'est-ce que c'est que cette chose? Ce n'est même pas français, ce n'est même pas un germanisme, c'est du charabia dépourvu de queue, ainsi que de tête.) et enfin, une petite maladresse stylistique, pour terminer: "En cas de pluie, espérons que ce ne sera pas le cas" (répétition fort disgrâcieuse du mot "cas".)
J'espère ne pas être le seul lecteur critique de votre journal; réjouissez vous, journalistes: vous n'avez pas qu'une masse de beaufs incultes à divertir, vous pouvez vous lâcher.

P.S: Philippe Waucampt écrit très bien, je le félicite: je remarque immédiatement lorsque que quelqu'un d'autre écrit les "commentaires" de la première page.
P.P.S: comprenez, s'il vous plaît, l'humour de ma lettre ci-dessus. Dans la rue, on dirait, en s'adressant au journaliste: "pleure pas!"

# Posté le dimanche 21 août 2005 06:32

LA LANGUE

LA LANGUE
Le français décline au Québec. En quoi cela me concerne-t-il?...


Les anglicismes y sont rois, contrairement aux idées reçues de certains: en effet, on nous reproche l'emploi de mots comme "parking" ou "week end", mais chez eux, c'est la syntaxe même qui n'est plus qu'un gigantesque anglicisme: leur langue n'est qu'un anglicisme. Même au niveau du vocabulaire pur: "c'est l'fun", "c'est plate", "check ça", "je feel pas", et autres "t'es smat" constituent l'essentiel de la palette qualificative des québecquois. L'orthographe est une notion vague et dérisoire. La récurrence de "pis" donne le côté rural qui manquait encore à ce tableau passablement hideux... Bien entendu, on remettra en cause le système éducatif québecois (ou plus justement nord américain!) qui ne se base pas sur l'apprentissage des connaissances mais sur... rien!?

On en est là, aux méthodes illusoires soixante-huitardes du genre "ce sont les enfants qui font le cours par eux même, en discutant ils réalisent des échanges et apprennent à connaître le monde". Ben voyons. Une bonne cure de cours magistral fera le plus grand bien... Et puis aussi: "Il ne faut pas dire à un enfant qu'il a strictement tort: s'il écrit "shevalle" au lieu de "cheval", il faut lui dire qu'il a de l'imagination, de la créativité." Ben voyons! N'importe quoi! Mais à quoi ils pensent ces gens?

On abrutit le peuple; c'est facile, il ne demande que ça (voyez l'audience de "la ferme des célébrités" ou de loft story pour vous en convaincre...) et se retrouve dans une impasse: il ne sait plus rien, il est impuissant désormais. La démocratie a montré ses faiblesses.

Le québec ça n'est que la France du futur. La perte du patrimoine linguistique se fera, c'est certain, est c'est horrible. Je ne vois qu'une seule solution: une révolution. A méditer... Qui serait avec moi?

# Posté le mardi 07 juin 2005 13:46

Modifié le dimanche 06 novembre 2005 14:05

CORALIE

CORALIE
Voici Coralie.
Cette jeune fille, actuellement en 3e1 au lycée franco allemand de Sarrebruck, a de graves troubles psychologiques. Cette photo ne me contredira pas... Coralie a été vue, dans une rue de Sarrebruck, la rue piétonne pour être précis, accompagnée par son amie Charline (peu importe l'orthographe!) dans une situation fort compromettante.
Laissez moi vous conter cette petite histoire!
C'était un mercredi. J'allais vers la Musikhochschule; j'étais en avance parce que j'avais pris le bus au lieu du train, contrairement à mon habitude. Je marchais donc tranquillement dans les rues de Sarrebruck, la rue piétonne pour être exact. Il n'était que neuf heures du matin, et cependant on entendait déjà les musiciens border la chaussée (celle de la rue piétonne, pour préciser) de leur ambiance multiculturelle. Mais quelque chose n'allait pas. Il n'y avait qu'une seule musique qui tintait à mes oreilles, une unique musique. Chantée, sans accompagnement, ce qui n'arrive jamais d'ordinaire. Je tendis l'oreille: c'étaient deux filles visiblement, assez jeunes. Je poursuivis ma route et finis par les voir: elles chantaient et dansaient, au bord de la rue piétonne, pour être précis. Elles avaient l'air jeune, 15 ans tout au plus, une blonde et une brune. Je me rapprochai. La blonde me parut familière. Qui était-ce? C'était... Vous vous en doutez! CORALIE!
Elle chantait en pleine rue (piétonne) à Sarrebruck, le matin. Elle séchait les cours.
De plus, il y avait à ses pieds un petit receptacle pour recevoir l'aumône des passants, à côté d'un petit écriteau de fortune: "Wir haben kein Taschengeld".
Un sentiment de joie m'emplit subitement, et mon coeur s'envola presque devant son regard pétrifié lorsqu'elle me vit. J'étais aux anges!
Et après ça, elle raconte qu'elle ne mendie pas.
SI JAMAIS il lui venait à l'esprit de me contredire encore sur ce point, je mettrai des preuves en ligne sur ce blog.
C'est trop drôle pour que le public l'ignore!
De plus, si jamais vous avez vu, sur une table de salle d'histoire-géo du lycée franco allemand, l'inscription "Matthieu + Mai = Sex", eh bien c'est encore une fois Coralie qui en est l'auteur.
A bon entendeur...

# Posté le samedi 21 mai 2005 10:44

Modifié le mardi 24 mai 2005 04:30